Concert « Abidjan by Night » Koffi olomidé gâche la fête en quittant la scène et L’organisateur porte plainte …

Depuis samedi nuit, la volte- face de Koffi Olomidé au concert «  Abidjan By Night » est le menu principal de l’actualité « show-bizienne ». Que dire des réseaux sociaux littéralement en feu, depuis que Le Grand Mopao, qui a succédé à Meiway, pour le deuxième acte de ce concept, a mis fin à son show, juste après quelques chansons. Immersion totale au cœur de cette histoire rocambolesque, pour mieux comprendre les choses. 

Les faits…

Il est 00h 30 quand l’auteur de ces lignes s’engouffre dans une limousine avec le patron de Canta productions, structure quo-organisatrice de la deuxième édition du festival «Abidjan by Night». Direction : l’Hôtel Ivoire, lieu de résidence de l’artiste Koffi Olomidé. Pas une seconde à perdre à cette heure. Le public suffisamment chauffé à blanc, par les prestations  d’artistes et les « chauffe-platines », piaffe d’impatience, à l’idée de déguster le nouveau show du « sorcier » kinois nouvellement baptisé « 13 Apôtre ». La dizaine de kilomètres entre Treichville et l’Hôtel Ivoire sont avalés d’un trait. Une fois à l’hôtel, l’ascenseur pour le 10 e étage du grand bâtiment, s’ouvre net sur le chanteur Congolais. Koffi Olomidé,  enveloppé dans un peignoir immaculé, sandalettes rouges aux pieds, compulse son téléphone, dans le hall du palier, devant sa suite. Passées les salutations, le Quadra Koraman s’empresse de montrer des photos de lui et ses danseuses, tous couchés sur des canapés, à l’escale de Nairobi. Par faute de place disponibles dans le vol direct Kinshasa- Abidjan, via la compagnie Air Côte d’Ivoire, les organisateurs n’avaient que cette alternative, par Kenya Airways pour ce voyage d’Abidjan. Première plainte de Koffi Olomidé. Monsieur Ouattara de Canta Productions, prend l’engagement de trouver une solution pour le vol  retour des artistes. Cette fois, en vol direct, Abidjan-Kinshasa. Olomidé retrouve un brin de sourire, après avoir reçu le reliquat de son cachet que contenait une enveloppe blanche bourrée de Dollars.

Retour au Palais de la Culture. L’ambiance est au top à cette heure. Sur scène, le groupe ivoirien Force One  achève sa prestation. Il est 2h 10 quand John Jay annonce le Quartier Latin, l’orchestre ultra rajeuni du Conquistador Congolais. Bouro Mpela, seul ancien, est le rescapé de cette puissante « machine » du N’Dombolo. Il  est du déplacement d’Abidjan. Les hostilités commencent tout de suite après une mise en bouche exécutée par les jeunes pousses de l’orchestre. La fameuse intro ‘’Sében’’ allume la mèche. La sono d’Areel Productions est impeccable. Cindy Le cœur adoucit, de sa limpide voix, le public avec la chanson « André Ayew ». Une façon d’annoncer son prince charmant : Koffi Olomidé. Les afficionados de la star, heureux de retrouver monsieur « Selfie » lui font un triomphe monstre. Place tout de suite à la surchauffe. Les guitares hurlent. La batterie est des plus saccadée. Les danseuses revenues sur scène après un timide passage sont survoltées. Elles exécutent des nouvelles chorégraphies. Le public est médusé. Fort de ses derniers spectacles à Abidjan jugés  trop « Rumba », Koffi Olomidé opte pour le « feu ». Il revisite d’anciens succès. Un petit recap’ de ses sulfureux concerts de Bercy  et du Zénith français. L’orchestre cherche quelques  repères. On sent le chef discuter avec ses musiciens. Un peu comme s’ils se demandaient quel titre jouer pour faire « mal ». On propose un medley de vieux titres. Le danseur Bouro Mpela est annoncé pour son grand retour. Les autres danseurs lui font de la place. Il  se contorsionne. Ses jeux de reins rappellent au public averti, sa première prestation N’dombolo, au Palais Des Congrès de l’Ivoire, un vendredi 13 Novembre 1996. L’ambiance grimpe d’un cran. Comme pour «achever» ses fans, Koffi enchaine avec « Selfie », la chanson du moment. Tout le Palais bouge. Les cannes et les téléphones portables sont de sortie. Après, plus rien. Koffi Olomidé arrête tout. Il insiste en appelant à haute voix monsieur Ouattara pour le rejoindre sur scène. Deux, trois, quatre minutes, point de monsieur Ouattara. Koffi Olomidé quitte la scène. Accompagné de ses musiciens. Le show prend ainsi fini.  Juste après quatre chansons. L’espace ‘’Oiseau Libre’’ du Palais de la Culture  se vide de son contenu.  Voici les faits.

Les raisons de cette situation ?

Dimanche matin,  Koffi Olomidé convoque une poignée de journalistes pour s’expliquer sur les raisons de son attitude. « Je présente mes sincères excuses au public, pour ma prestation qui n’a pu aller à son terme. Je tiens cependant à faire savoir que j’ai signalé aux organisateurs de ne pas filmer ma prestation. Car aucune clause dans mon contrat n’autorisait les promoteurs à filmer le concert. Que n’ai pas trouvé, dès mon arrivée sur scène ? Des drones, des caméras professionnelles. J’ai juste appelé Ouattara sur scène pour qu’on trouve une solution avant que je ne poursuivre mon spectacle. Ne voyant personne venir, j’ai décidé d’arrêter de jouer. »

Quelques heures, ce dimanche, c’est au tour des organisateurs d’« Abidjan bye Night » de s’expliquer en conférence de presse. Il ressort de cette rencontre avec les journalistes les explications suivantes : « Koffi Olomidé a eu une attitude désinvolte à notre égard. Absent du spectacle, j’ai personnellement pris sur moi de le rassurer au téléphone, en lui  disant de continuer le spectacle. J’ai pris l’engagement de trouver un terrain d’entente après le spectacle. Il n’a rien voulu savoir, et il a arrêté de jouer. La Côte d’Ivoire étant un Etat de droit, nous allons saisir la justice pour régler ce problème », a dit Ouattara, le président de Canta Productions. Et Augustion Akou, patron de 2 A Consulting, co-organisatrice du festival d’ajouter : « Le cachet de Koffi Olomidé lui a été correctement payé. Il se devait de respecter le contrat signé entre les deux parties, au lieu d’adopter une attitude qui non seulement plombe notre business, mais aussi écorne la propre image de l’artiste qu’il est. »

Qui a raison, qui a tort dans cette affaire ?

En Droit du spectacle, le droit à l’image est une des parties essentielles désormais intégrée dans les  contrats liant les deux parties. Les normes modernes internationales sont très claires la dessus. Simple piqure de rappel : en 1988, les organisateurs de la tournée mondiale Amnesty Internationale, qui a fait escale à Abidjan, n’avait accordé seulement que 5 minutes de captation à la RTI, au concert du Stade Houphouet-Boigny. Tout près de nous, « Gaou Productions », structure organisatrice  du FEMUA, n’autorise aucun photographe de presse ni de caméraman, sur la scène du festival, en dehors des photographes et autres preneurs d’images relevant de leur team. Autre exemple : le spectacle de Dobet Gnahoret, cooptée pour un concert de lancement du site abidjanshow.com, le 8 Janvier,  2016, a été tout simplement reporté. Simplement en raison d’une clause du contrat portant justement sur les droits d’images de ce spectacle, encore en discussion, avec WENDY&CO, propriétaire d’abidjanshow.com.

Fort de tout cela, Koffi Olomidé a-t-il eu tort ou raison de quitter la scène, samedi ? Lui qui traine tant de casseroles depuis quelques années, tant en France, chez au Congo qu’en Côte d’Ivoire, n’aurait-il pas gagné, en sympathie aux yeux des 8000 fans, en faisant fi de certaines déconvenues contractuelles pour ne jouer que pour le respect de ce public ? Le Grand Mopao a choisi plutôt la solution extrême, en quittant la scène du festival. Une chose qui lui a valu  même d’être sermonné au haut niveau par ses amis, totalement en désaccord avec lui, pour cette attitude. Un grand patron aurait même annulé un déjeuner prévu hier dimanche avec lui. Le sage Houphouet-Boigny a dit ceci : « Je préfère l’injustice au désordre. » Même si Koffi avait été l’objet d’injustice, n’aurait-il pas été bien inspiré de finir son spectacle et tenter plus tard  de trouver une solution à l’amiable avec les organisateurs du festival ? Pour sûr, les Ivoiriens sont partis chez eux très remontés, après cette déconvenue. Quelle suite va prendre cette affaire ?

Moses DJINKO

1 Commentaire

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*