Kinshasa-Washington : les relations à nouveau tendues !

Les États-Unis d’Amérique étudieraient les possibilités d’appliquer des sanctions en réponse au schéma croissant de l’oppression en RDC.

La chronique politique de ces dernières heures reste encore marquée par le communiqué  du porte-parole  adjoint du département d’État américain, Mark Toner, publié par l’ambassade des États-Unis à Kinshasa, le 21 mai. Dans ce document-choc, Washington annonce des sanctions ciblées « contre ceux qui ont la responsabilité de l’action ou de la décision dans la violence contre les citoyens et dans l’intimidation de l’opposition » en RDC. Cette attitude américaine reste motivée par le rétrécissement ces derniers mois de l‘espace politique national avec, à la clé, « la multiplication des intimidations et des cas de harcèlement et de détention des membres de l’opposition et des leaders de la société civile ».

Tout en invitant le gouvernement congolais « à protéger tous les Congolais même ceux-là qui pensent le contraire des thèses du pouvoir », Washington serait même prêt à publier une liste noire contenant les noms des personnalités congolaises incriminées et passibles des sanctions. Celles-ci, à en croire la même source, concernent entre autres,  l’interdiction de voyage et le gel des avoirs. Et si, entre-temps, aucun effort n’est fait dans le sens de décrisper le climat politique, Washington pourrait pousser l‘outrecuidance jusqu’à envoyer le dossier des incriminés à la Cour pénale internationale ou même, le cas échéant, suspendre carrément la coopération bilatérale. Cette déclaration de Washington a été précédée, une semaine avant, par celle de l’envoyée spéciale de la Grande-Bretagne pour la région des Grands lacs, Danae Dholakia qui, presque dans les mêmes termes, avait annoncé des sanctions ciblées en réponse au schéma croissant de l’oppression en RDC.

Réagissant aux déclarations du département d’État américain et de la Grande Bretagne, le porte-parole du gouvernement Lambert Mende Omalanga a rappelé la mise en garde que le président de la République avait, en son temps, fait au corps diplomatique accrédité à Kinshasa. « (…) des conseils, nous sommes prêts à les recevoir amicalement. Des injonctions, jamais! », dixit Joseph Kabila. Des propos qui, selon Lambert Mende, devraient dissuader les partenaires du pays à renoncer à toute velléité d’ingérence dans les affaires intérieures de la RDC. Et d’ajouter : « Il n’y a rien qui autorise les États-Unis et la Grande-Bretagne à nous intimer des injonctions ou à nous menacer des sanctions unilatérales ». Dans une interview sur radiookapi, il s’est déchaîné en ces termes: « Nous en RDC, nous voulons devenir un État de droit pour nous-mêmes pas pour les étrangers, pas pour les États-Unis, pas pour la Grande Bretagne. Nous voulons être un État de droit dont le peuple jouit de son autodétermination. Nous n’avons pas vocation de devenir l’arrière-cour des nostalgiques d’un ordre ancien qui voudrait continuer à nous infantiliser sous prétexte de nous forcer à démocratiser ».

Alain Diasso

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