Les richesses de la RDC entre les mains du clan Kabila ?

La famille de Joseph Kabila aurait fait main-basse sur les ressources minières du pays. Les informations publiées par le site Bloomberg sont relayées depuis des mois par les ONG locales.

La compagnie minière canadienne Ivanhoe aurait ainsi conclu au cours des sept dernières années plusieurs accords commerciaux avec des entreprises minières, dont la majorité  appartient au député Zoe Kabila, le frère cadet du président congolais.

Selon l’agence Bloomberg,  les retombées financières, chiffrées en millions d’euros, de ces activités  économiques et commerciales auraient massivement enrichi toute la famille Kabila.

Le sous-sol du Katanga, au sud-est de la République Démocratique du Congo, renferme 80 % de la réserve mondiale de cobalt et une des plus grandes exploitations de cuivre. A cela, il faut ajouter  les composants tels que le tungstène, la cassitérite, le tantale  qui servent à la fabrication des téléphones portables.

En plus de l’exploitation de toutes ces ressources minières, la famille Kabila a une mainmise quasi-totale sur tous les secteurs vitaux de l’économie congolaise, déplore Fidel Bafilemba, coordinateur du Groupe d’Appuis à la Transparence et la Traçabilité dans les Ressources Naturelles (GATT-RN).

« Que ce soit les fermes agricoles, que ce soit les stations à essence, que ce soit l’hôtellerie. Ils ont en tous cas investi dans tout », explique Fidel Bafilemba. « Ma foi, ils sont devenus plus riches que le pays lui-même. Venez à Goma, ou à Bukabu, vous allez voir le nombre de propriétés qui ont été rachetées au cours des deux ou trois dernières années. Ça dépasse tout entendement. Presque tout le long du Lac-Kivu a été acheté par Kabila lui-même ou sa femme. Non, non, c’est incroyable. »

« Un complot international »

Dans un article publié en décembre 2016, Bloomberg a accusé la famille Kabila d’avoir mis en place un réseau international d’affaire avec des participations dans au moins 70 entreprises.

Des accusations qui ont irrité le directeur adjoint du cabinet du chef de l’Etat, Jean-Pierre  Kambila. « Bloomberg, je ne le connais pas. C’est du n’importe quoi », dit-il. « Je n’ai pas l’intention de répondre à des accusations basées sur une argumentation aussi légère. C’est un complot international autour duquel on veut raconter n’importe quoi. Il n’ y a aucun fondement là derrière » selon lui.

A en croire l’agence Bloomberg, Olive Kabila, l’épouse du président congolais, ses deux enfants et huit de ses frères et sœurs contrôleraient depuis 2003 plus de 120 permis d’extraction d’or, de diamants, de cuivre, de cobalt et d’autres minerais en RDC.

Nouveau rapport du Congo Research Group

De son côté, un groupe de recherche de l’université de New York (Congo Research Group at New York University) vient de révéler dans un rapport une structure de 80 compagnies qui appartiendraient au clan Kabila.

Il s’agit d’un rapport fait sur base des documents légaux obtenus à partir du système légal ou dans les registres congolais, a expliqué à la Voix de l’Amérique (VOA Afrique) Jason Stearns, du Groupe de recherche pour le Congo.

Le chercheur américain précise cependant qu’il ne s’agit pas d’une évaluation compréhensive des avoirs de la famille Kabila. Mais il souligne plutôt le manque de transparence et de redevabilité du système congolais en général.

« Nous soulignons plusieurs questions sérieuses notamment la façon dont ils ont acquis ces compagnies et les possibles conflits d’intérêts qui pourraient exister entre les membres de la famille et leurs affaires. Il faut noter que le président et sa famille sont au sommet du pouvoir au Congo et donc il y a des questions sérieuses que le parlement et le système judiciaire devraient se poser,  » avance M. Stearns.


Bloomberg / DW / VOA / MCN

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