RDC: manifestations de colère à Bukavu

En RDC, la population de Bukavu est sortie spontanément, ce vendredi, dans les rues de plusieurs quartiers de la ville pour exprimer sa colère après l’assassinat, jeudi en fin de journée, de trois personnes presque au même moment dans trois endroits différents de la ville. Des assassinats qui se multiplient depuis le début de l’année, selon la société civile, et pour la population de Bukavu c’en est trop.

La dynamique de la nouvelle société civile de Bukavu dit avoir recensé plus d’une trentaine de personnes assassinées depuis le début de l’année à Bukavu, dont plusieurs cambistes, ces agents de change. D’où cette colère qui s’est exprimée spontanément dans les rues ce vendredi matin. Les premiers mouvements de colère ont eu lieu à Kadutu, la commune la plus populaire de Bukavu, avant de gagner le centre-ville.

Des habitants sont allés porter le corps d’une des victimes devant l’assemblée provinciale. Ils ont alors réclamé le remplacement du général de la police et du ministre provincial de l’Intérieur. Cela a tourné à l’affrontement avec la police : barricades, pneus brûlés et jets de projectiles d’un côté, gaz lacrymogènes de l’autre. Des témoins évoquent des tirs de sommation.

Actuellement, la tension reste vive. Certains habitants sont partis au cimetière enterrer les morts de la veille. La circulation est très réduite et la plupart des boutiques sont restées fermées. Au même moment, un sit-in a lieu devant les locaux du gouverneur de la province. Des habitants de Mbobero demandent à être reçus à propos d’un conflit foncier. Ils dénoncent la démolition de près de 150 maisons « sans décision de justice » sur un site présenté comme appartenant au domaine privé du chef de l’Etat. Selon la société civile, plus de 2 000 personnes seraient concernées.

Une manifestation contre le regain d’insécurité a également eu lieu à Beni, ce vendredi, à l’initiative du mouvement citoyen La Lucha. La semaine dernière encore, une attaque a coûté la vie à au moins cinq personnes près de l’aéroport de Mavivi. Et ce matin, 13 militants de La Lucha ont été interpellés au début de la manifestation puis conduit par la police aux abords de la ville avant d’être finalement relâchés deux heures plus tard.

rfi